C'est à partir du XVIII siecle que le Franciscain, Saint Léonard de Port- Maurice, fixe la structure des quatorze stations pur le chemin de croix.
En travaillant autour du thème de la passion, j'ai voulu rompre avec l'imagerie Saint-Sulpicienne qui lui est attachée pour l'essentiel et créer une unité et une simplicité de forme, faisant du carré le motif central dans lequel s'inscrivent, improbables palimpsestes, les textes cités en référence.
Ces derniers, destinés à suggérer plus qu'à nommer, sont rendus illisibles à dessein.
Je me suis attaché, dans chacune de ces peintures, non pas à illustrer mais à exprimer le drame qui se joue, dans un parti-pris non figuratif où écriture, formes et couleurs se répartissent les rôles.
La palette, dans les stations 3, 7 et 9 au cours desquelles le Christ tombe, est faite d'ocre et de terre. Le bleu, lié à la représentation des femmes, est utilisé pour les stations 4, 6 et 8. Les couleurs s'assombrissent dans les stations 10, 11 et 12 qui sont l'expression de la détresse et de la violence, puis elles passent par le froid du gris et le chemin de croix s'achève sur la lumière de la résurrection.
En effet, en aujoutant une quinzième station, j'ai, à l'instar de P. Grostefan, J. Debruynne, L. Boff etc., préféré ne pas clore la passion du Christ sur le tombeau vide et choisi de mettre en lumière, par la résurrection, les quatorze stations qui précèdent.
Ce chemin de croix réalisé dans les années 90, trouve aujourd'hui sa place en la cathédrale d'Evreux.
Pour visualiser les quinze peintures,cliquez dans Albums photos sur la vignette chemin de croix.
Quel travail superbe! Merci de nous le faire partager. Connaître la démarche à l'origine de ce chemin est tout aussi précieuse que le chemin lui-même...Merci :)
Rédigé par: washi | 28 janvier 2006 à 22:33
Sophie, j'ai trouvé ce matin dans ma boîte, ton très bel envoi postal.Belle alliance, fragile et légére, du Kraft et de la plume.Je peaufine mon prochain envoi qui t'est destiné.
Très sensible à tes propos sur mon chemin de croix.Nous avons en commun ce goût de l'illisible et du papier.
Rédigé par: dp | 29 janvier 2006 à 00:05
oui, superbe et très interessant...envie de remonter le fil du temps et prendre le chemin d'Evreux pour approcher ces remarquables interprétations.
Rédigé par: vi | 29 janvier 2006 à 18:56
... je me ferai une joie de découvrir ton "chemin" à ma prochaine venue à Evreux ( = signatures, sans doute, ce prochain automne à la librairie "L'Oiseau Lire " ) ... Alors je prendrai le temps... Signe amical à toi. frédériC
http://fredericlement.blogspirit.com/
Rédigé par: fredericlement | 30 janvier 2006 à 19:43
C'est peu de dire, Dominique, que votre Art Postal dépayse.. Je me suis absentée du monde de lettre en lettre, accrochée à vos enveloppes qui abordent des rivages si dissemblables, d'invraisemblables voyages bien plus cruciaux que leur destination. Car c'est au coeur des périples que les rencontres sont possibles... si on veut bien aussi se laisser dériver.
J'aime votre plume bleue... poissonne tout à coup...
Rédigé par: Fugitive | 01 février 2006 à 14:20
>>>>Fugitive<<<<
Il suffit d'un timbre, parfois d'une enveloppe et d'un peu de fantaisie, après, c'est comme lancer une bouteille à la mer au royaume des boîtes aux lettres.
L'art postal sorte de courant d'art porté par des courants d'air aux critères esthétiques variés.
Rédigé par: dp | 01 février 2006 à 22:48
14+1
Et c'est vraiment dans ce +1 que se révèle la Vie du Christianisme en mouvement, l'élan vers l'acte consciemment assumé et libérateur....
J'ai pris grand plaisir à cheminer ainsi en votre compagnie, pas après pas, de coloration d'âme en évocation universalisée....
Merci pour cette ouverture....
Rédigé par: Kaïkan | 08 mars 2006 à 19:42