18 octobre 2007

Carnet d'Estrie...

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Si l'on s'en tient à la couverture, à première vue, cela ressemble à un carnet de voyage. En effet sur celle-ci on peut lire: Carnet d'Estrie - octobre 2007 - Estampages - King Ouest / Sherbrooke - Canada.
A l'intérieur de ce carnet, une même forme, estampée sur une vingtaine de feuillets, présente çà et là de légères variations. Outre l'étonnement légitime que l'on pourrait avoir en ouvrant le carnet, on pourrait également s'interroger sur le lien entre ce travail et l'intitulé de la couverture.
J'avais, pour ce séjour au Canada, décidé de ne pas tenir un carnet de voyage de manière traditionelle, mais de détourner celui-ci de sa fonction originelle qui est  de relater, représenter et illustrer les divers temps forts d'un voyage.
Mon carnet allait devenir un terrain d' expérience. Il s'agissait pour moi de trouver et d'interroger une forme,qui devait être facile à manipuler et à reproduire sans avoir à passer par le biais du dessin.
J'avais, pour ce faire, dans mon sac, un carnet de 14 x 21 cm, un flacon d'encre de chine, quelques brosses ainsi qu'un brunissoir.
C'est  l'angle d'une ancienne petite plaque servant à la numérotation des habitations et en piteux état, trouvée à même le sol, entre le boulevard King Ouest et la rue Dufferin à Sherbrooke,qui allait retenir mon attention et me servir de matériau pour produire la série qui constitue ce carnet de voyage d'un genre particulier: King Ouest / Sherbrooke. L'aventure maintenant va se prolonger dans le  confort de l'atelier et, j'espère donner lieu à une série intéressante...

30 septembre 2007

Déambulatoire poétique pour quatorze poètes

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Déambulatoire poétique pour quatorze poètes

Pierre Autin-Grenier, Andrée Chedid, Bernadette Engel-Roux, Jacques Lacarrière, Jean-Hugues Malineau, Baptiste-Marrey, Jean-Michel Maulpoix, Bernard Noël, Dominique Preschez, Philippe Priol, Jean-Claude Renard, Claude Roy, Dominique Sampiero, André Velter.

                             Exposition

                       Dominique Penloup

               du 3 octobre au 26 octobre 2007

                 Médiathèque André Malraux

                 17-19, rue Jacques Coeur

                  91600 Savigny sur Orge

Quatorze stèles pour quatorze écrivains contemporains qui mettent en scène un texte calligraphié par leur auteur où le signe et le mot se mêlent, jouant sur des "riens" : le grain, la griffure, le relief blanc de l'écriture, émergence d'une vie en filigrane, trace à demi-effacée dans laquelle la poésie se donne à voir.

Quatorze "Contre-Tombeaux", comme autant d'hymnes à la vie.

                            Des stèles...

                 Comme des mains levées

                  Comme des bras ouverts


                           Des stèles...

              Striées, griffées, crayonnées

                          De poèmes

               Avec quelques joyeux fards

                  De peinture fraîche


                        Des stèles...

               Aux quatre coins de la ville

                   Joyeuses, colorées


                   Et voilà la poésie

                       Qui s'offre

               Aux regards des passants

            Qui l'avaient perdue de vue

            Depuis qu'ils la croyaient être

               Seulement récitation.

20 août 2007

Trois tondos pour deux oxymores de René Char

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Tu es lampe, tu es nuit [...]
Ô détenue, ô Mariée !

" La vérité vous rendra lilbres", Les Matinaux 1947-1949


    En  disparaissant,  nous  retrouvons  ce qui  était  avant
que la terre et les astres ne fussent constitués, c'est à dire
l'espace.  Nous sommes cet espace dans toute sa  dépense.
Nous  retournons au jour aérien  et à son allégresse  noire.

              "LOMBES", Aromates Chasseurs 1972-1975

27 juillet 2007

CETTE OBSCURE CLARTE... Voyage en Oxymore

Cette_obscur_clart Oxymore, en grec, signifie à la fois "fin" (oxus) et "fou" (moros).
L'oxymore est l'alliance de deux mots de sens contradictoire. Cette rencontre antinomique crée un effet de surprise. L'oxymore de référence, le plus souvent cité, est ce vers de Corneille dans le Cid :
"Cette obscure clarté qui tombe des étoiles".

L'oxymore est une figure qui ouvre une logique où les contraires cessent d'être perçus contradictoirement, il est du côté d'une pensée "ouverte" qui accueille pleinement l'ambivalence. Parfois du côté de la pensée ("regret souriant"), l'oxymore est souvent l'expression d'une perception visuelle et l'obscure clarté de Corneille évoque, évidemment, le clair-obscur en peinture. C'est donc une figure de style éminemment stimulante pour un peintre.
A partir de menus détritus collectés au hasard de promenades en bord de Seine, que j'assemble, rehausse d'or ou de couleurs, je confectionne d'improbables objets, pauvres et précieux en même temps. J'ai choisi de faire surgir l'alliance antithétique du brut, de l'informe, du délaissé avec le sophistiqué, le ciselé.
Sans venir les illustrer, ces objets poétiques viennent en contrepoint d'oxymores prélevés dans l'oeuvre de différents écrivains, de Pierre Corneille à Marguerite Duras.
C'est donc entre littérature et peinture que se déroule ce voyage en oxymore, cette "fine folie" à laquelle je vous invite à participer. N'hésitez pas à m'envoyer vos oxymores notés au fil de vos lectures.      Offert il y a peu et trouvé dans les délibérations  de l'assemblée nationale , par une personne attentive, ce bel oxymore: T V A sociale.
L'ensemble de ce travail fera l'objet d'une exposition , au Musée Pierre Corneille, de mars à juin 2008.

29 janvier 2007

Territoire singulier

Pict2065 A portée de main sur ma table de travail est posé, tel un trésor, le carnet aux encres inspirées par le désert. Celles-ci jouent le rôle d'une passerelle entre ce qui a été vécu et ce qui est aujourd'hui rêvé.
Traces palpables -92 feuillets- qui appartiennent aux palmiers, aux pierres et au sable, encore proches dans ma mémoire. Territoire singulier où le reste du monde et ses événements, même si cela est illusion, semblent à des années-lumière.
Je regarde ces pages de façon furtive, comme par-dessus mon épaule. J'ignore tout de la façon dont elles vont se glisser dans mon travail à l'atelier. Je sais juste que ma main a en mémoire la lumière, les lignes, les courbes, l'immobilité et qu'il lui appartient d'en restituer la beauté.

10 janvier 2007

Encres du désert / Des aires d'encre

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Passer les fêtes de fin d'année à marcher à la découverte  du désert Marocain fut un vrai bonheur.
J'avais emporté quelques encres(sépia et terre de Sienne brulée) et préparé un choix de pinceaux, sans oublier un carnet tout neuf.
Après chaque demi-journée de marche, la tente tout juste installée, je déployais autour de mon siege un petit atelier de fortune et oeuvrais avec le désir de tourner le dos au travail sur le motif.Juste transcrire en toute hâte, à l'aveugle, avec les yeux de l'intérieur, dans un jeu de recouvrement, d'effacement, de juxtaposition, quitte à saturer, maculer le papier, ce qui avait fait émotion le matin même. Le carnet que je feuillette aujourd'hui me paraît condenser, au-delà de toute illustration, quelques instantanés de ce voyage.

01 octobre 2006

carnet d'asie

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Les encres qui composent ce carnet d'Asie n'illustrent rien, ce sont les gammes du peintre, ses assouplissements. Le travail, volontairement distant de tout sujet, est dans un premier temps posé tel quel au fil des pages du carnet et se présente tel un brouillon, imprécis, bavard... Il est repris plus tard, à l'aide d'un papier de riz qui masque à demi les encres jetées là en vrac, dans la plus grande improvisation.

Puis, en écho à ce que laisse apparaître le papier de riz ainsi marouflé, le pinceau plonge à nouveau dans l'encre, commence sa danse, se fait précis, léger, délié, en quête d'une sonorité qui soit la plus juste possible, afin d'offrir au regard une invitation à la rêverie.

21 septembre 2006

Impressions d'Asie

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Depuis mon retour, je me suis à peine posé devant le clavier et l'écran de l'ordinateur. Juste pris le temps de vider de ses photos, prises au Vietnam, la carte mémoire de mon appareil. J'ai trié, rangé, archivé ces dernières, d'un côté les photos souvenirs, de l'autre les docs de travail.
C'est dans l'atelier, sur un coin de table, que je reprends depuis huit jours, une à une, les feuilles de mes deux carnets d'Asie. J'ai mis en place une petite chorégraphie, allant de ma table à ma presse, avec, en fond sonore pour m'accompager, la très belle interprétation au violoncelle par Alexis Descharmes des pieces de Kaija Saariaho. Je tente, autant que puisse se faire, de fixer sur les papiers rapportés de là-bas, mes impressions d'Asie. Dire pêle-mêle en quelques signes et avec le secours de la couleur, Saigon (HO CHI MINH), le delta du Mékong, ses arroyos, cette eau divinement boueuse, entre terre d'ombre naturelle et cramoisi d'alizarine, tout en veillant à ne pas être illustratif dans mon travail. Cela donne, aujourd'hui, 30 feuilles de 40x50cm.

Kaija Saariaho  -  Alexis Descharmes
L'oeuvre pour violoncelle
aeon 2006 - harmonia mundi distribution

17 août 2006

Avec Vicente Sahuc, photographier n'est pas tricher

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Il y a bien des façons d'avoir du talent, certains ont le pinceau voyageur, d'autres l'imaginaire au vestiaire, tout dépend de qui s'approche de la toile. Il en va de même pour la photo: çà dépend de qui s'approhe de l'objectif. Avec Vicente Sahuc photographier n'est pas tricher.

28 juin 2006

Il reste si peu à dire et tant à peindre

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Il s'entoure de silence
Et creuse sur les rives
D'une même toile
De fragiles équilibres.
Puis, jette sur le papier des images
Bordées d'arcs en ciel jamais rêvés.

Il reste si peu à dire et tant à peindre.

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Elle jongle avec les débris du silence,
Invente des alphabets,
Trace des horizons
Et en parcourt les vastes étendues.

C'est une encre aveugle
Et la couleur lui fait escorte.

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Sur des pages anciennes,
Quelques rimes blanches,
Peintes à grands traits,
Se mêlent à un peu d'encre.

Terrain vague de la couleur.

Il chiffonne, dans un grand désorde,
Un coin de ciel bleu
Plus fragile qu'un rêve de papier.